mardi, novembre 1

bye-bye Kodak

Dans mon enfance photo était synonyme de Kodak. Roi de l'argentique, la société a complètement loupé le virage du numérique, aussi incroyable que cela puisse paraître elle n'a littéralement pas vu cette mutation radicale du marché. Les pertes sont désormais récurrentes et abyssales: plus d'un milliard de dollars au 3e trimestre. Fuji, l'autre Kodak, est dans le même cas: sa rente de situation sur le marché de l'argentique l'a rendu aveugle aux opportunités du numérique. A l'inverse les challengers qu'étaient les japonais Canon, Nikon, Sony ont pleinement profité de l'opportunité, de même que HP aux Etats-Unis. Sans compter les fabricants de téléphones portables qui se sont empressés d'inclure un appareil photo dans leurs boitiers pour prendre une part du gateau. Cette révolution de la photo numérique a aussi remis en cause les rentes de situation existantes en ce qui concerne le développement. Les boutiques de développement rapide dans les centres commerciaux sont en chute libre, pendant que des sociétés de développement 100% Internet comme Photoways et Pixdiscount (que je suis de très près en tant que membre du board) sont en pleine croissance. Les révolutions industrielles ont ceci de bon qu'elles permettent aux sociétés jeunes et rapides de surprendre et dépasser en peu d'années les grandes sociétés établies, qui sont en réalité endormies sur leurs lauriers de la révolution précédente. L'histoire est riche de ce genre de dépassements imprévus: Intel et Microsoft doublant un IBM incapable de réussir le virage du PC, Google doublant un Microsoft à la peine pour suivre le rythme de l'Internet, ... reste à savoir qui doublera Google?

Comments:
Si l'on voit comment les cycles industriels s'accélèrent, le futur "doubleur" de Google existe surement déja :)
 
Avec Internet tout va vite...

Et il faut toujours être au rendez-vous si l'on ne veut pas être surpassé et ne jamais pouvoir recoller le wagon.

L'intelligence économique, pratique de plus en plus à la mode dans les entreprises (même les petites entreprises) et dans les formations post baccalauréat, montre bien le nouvel enjeu : être au rendez-vous, ne pas se faire doubler et prendre les bonnes décisions !!!!
 
Bonsoir Pierre,

Post interessant...
Question annexe sans rapport avec ce sujet :
Que pensez vous de Genève comme point de départ pour créer son entreprise sur le net ?
Pourquoi avez-vous choisi cette place ? Ne vous sentez vous pas loin de là où ça se passe vraiment ?

Au plaisir de vous lire.

Reda
 
Genève? ce n'est pas la ville la plus active en Europe dans l'Internet même si j'y rencontre des entrepreneurs de talents tels Christian Wanner de Le Shop, Stéphane Pictet et Stefan Renninger de Romandie.com et d'autres. Nous avons la qualité de vie, et puis Internet est avant tout l'outil pour travailler à distance. Pour info j'ai piloté Kelkoo depuis Genève pendant plus de trois ans. J'ai choisi de vivre ici pour rejoindre celle qui est devenue ma femme.
 
C'est Microsoft qui doublera Google... je veux bien prendre les paris.
 
Sur le fond du post je suis assez d'accord ... Mais...

... Je trouve le passage : "sa rente de situation sur le marché de l'argentique l'a rendu aveugle aux opportunités du numérique" un peu injuste. Je m'explique :

Les deux exemples de sociétés que vous citez comme ayant raté le virage numérique sont quand même deux sociétés dont l'activité principale était (est encore ... pour combien de temps) la production de films argentiques (admettons que la production de boîtiers fuji est une part quasi-négligeable de l'activité globale de Fuji).
Peut-on vraiment parler de sortie de route ? Je pense en tout cas que Kodak et Fuji ne sont pas comparables à Nikon et Canon, qui fabriquaient déjà compacts, boîtiers réflex et optiques. Pour Nikon et Canon, c'est un peu plus de boulot : la structure et les lois de la physique (lumière, lentilles, miroirs) restent les mêmes et il faut y intégrer la technologie numérique. Pour Kodak et Fuji, le numérique, c'est la disparition pure et simple du produit de leur activité (le film photosensible). La courbe n'est tout de même pas la même à négocier ... non ?

Me trompe-je Pierre ?

Matthieu.
ps > pour Sony, c'est clair qu'on peut parler d'opportunisme (aucun accent péjoratif ici), cette société n'était pas présente (ou si peu) sur le marché de l'argentique.
 
Oui Matthieu on est plutôt d'accord. C'est pourquoi je parlais aussi du marché du développement qui est en train de passer tout internet.
 
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