mercredi, septembre 7

PSP

Lu dans un article de Geoffroy Roux de Bézieux, le Président de CroissancePlus dans le Figaro: 100% des sociétés actuelles du CAC 40 étaient présentes il y a vingt ans et 80% des 500 premières fortunes professionnelles (françaises ndlr) ont été héritées. Comment la France/l'Europe peuvent-elles sortir de cette condition de musée industriel et donner naissance à de nouveaux Microsoft, Google, Yahoo, Apple, Cisco, eBay etc? En Europe à part l'allemand SAP et à plus petite échelle Business Objects je ne vois rien venir...et quand une boîte financée en capital-risque émerge, qui l'achète? encore les américains comme le cas de Kelkoo. Dans le 'kelbook' de Cyrille et Julien à venir vous verrez comment malgré ma préférence pour une poursuite de l'aventure d'un Kelkoo indépendant, je n'ai pas eu d'autre choix que de vendre. Les capitaux-risqueurs préfèrent les entrepreneurs PSP (Poor, Smart, Passionate). Smart et Passionate on comprend, mais pourquoi Poor? pour être bien sûrs qu'ils ne refuseront pas une offre de rachat le moment venu, parce les VCs jouent à court terme. C'est ainsi que quand l'offre de rachat de Yahoo est arrivée pratiquement tous les dirigeants et bien sûr les VCs ont choisi de vendre. Avec mes 3% du capital et en l'absence de partenaires capitalistiques européens capables de miser sur le long terme je n'avais pas d'alternative. Kelkoo n'est qu'un cas parmi d'autres, qui illustre la question posée: comment donner vie à de vrais groupes européens leaders dans la technologie?

Comments:
Il y a bien Photoways qui commence à bien pousser en ce moment et qui tente une perçée aux states capitals-risque en sus.
 
ce sera forcement la deuxieme start up d'un serial entrepreneur, qui a deja fait fortune et qui pourra se passer de VCs. ex: Meetic.
 
Le monde de l'IT aujourd'hui s'est structuré autour du constat que plus est gros, moins on innove... les grands groupes ont en quelque sorte externalisé une partie de leur R&D... et les gros achètent les moyens qui achètent les petits dès que le marché gagne en maturité (quand les appels d'offres commencent à peser leur poids de $$, quand les standards sont bien stabilisés, etc...)... ma petite théorie vaut surtout pour le secteur du soft et des telecoms... un peu moins pour les services... mais l'indépendance pour une société Française (BO, SoiTec,...) devient de plus en plus l'exception... trop de prédateurs...

S'agissant des VC (disclaimer : j'en suis...), on pourra peut dire que 5 ans est un horizon de sortie court-termiste, mais en même temps il n'y a pas "tromperie sur la marchandise"... une des contraintes de base de l'investissement en private equity est bien l'exigence de liquidité des investisseurs à un horizon cohérent avec la durée de vie des fonds qu'ils gèrent... ce qui peut effectivement amener les entrepreneurs à regretter la sous-performance (pour l'IT) en Europe d'un étage "secondaire" dans la chaîne de financement (bourse, LBO,...)
 
La réponse de Frédéric (pas moi, l'autre ;-) est tout à fait juste: ce sont les petits qui innovent et les gros qui les rachètent. N'oublions pas cependant que pour un Apple ou Microsoft, il y a des centaines de sociétés innovantes qui réussissent (aux US, comme au basket, on ne compte pas les paniers manqués). Il faut créer en France un climat de développement des sociétés innovantes, c'est à dire qui développent de la propriété intellectuelle, pas qui cherchent à vendre une technologie comme un produit (voir plus loin). On en est pas là...

En ce qui concerne la question de l'indépendance vis-à-vis des VCs, c'est une question de choisir le bon modèle financier. Le meilleur moyen est de se concentrer sur l'innovation (accumulation de propriété intellectuelle, source de valeur) de déployer par des licences technologiques (pas de force de vente qui demande trop de fonds et qui concurrence les efforts de R&D) et lever continuellement auprès d'investisseurs privés. Il ne faut pas oublier que ce qui compte pour un investisseur, c'est la valeur de l'action. Si vous pouvez montrer que celle ci augmente régulièrement par des validations de vos technologies, alors vous avez une stratégie de financement pérenne.

Nos sociétés lèvent 3 à 4 fois par an depuis quatre ans sur la base de succès concrets avec une progression de 20% à 30% de la valeur d'action par tour et des actionnaires qui réinvestissent à 90%. Nos actionnaires plébiscitent l'indépendance des fondateurs parce qu'elle leur garantie une continuité de la stratégie. Lorsqu'on entend que les VC ne financent pas d'amorçage en France (ce qui est vrai), nous préférons nous demander comment financer l'amorçage sans VC...

Frédéric Artru (artru@sigex.com)
 
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